#LaRefAdaptéeDuJour : « La vita davanti a sé », nouvelle version du roman de Gary

Le 13 novembre, Netflix dévoilera une adaptation italienne de « La Vie devant soi », roman de Romain Gary (Émile Ajar) paru en 1975. Une production ambitieuse, qui revisite le chef-d’œuvre à l’aune des problématiques sociétales actuelles.

La Vie devant soi est un livre particulier. C’est d’abord l’histoire touchante du narrateur, Momo, jeune musulman empreint de timidité, abandonné à la naissance par une mère « qui se défend avec son cul ». Il est recueilli par Madame Rosa, vieille femme juive rescapée d’Auschwitz, autrefois prostitué, tenant une sorte de pensionnat clandestin pour les « rejetons nés de travers ». Se noue alors une relation poignante entre les deux personnages. C’est un roman qui traite de l’amour ; l’amour véritable et unique qui relie un enfant à sa mère – même adoptive -, une thématique chère à Gary. Mais aussi et surtout, à travers la quête identitaire de l’enfant, sa façon singulière de s’exprimer, remplie d’erreurs et de digressions, et la maturité qu’il acquiert au fil des pages, on est placé dans ses bottes. On croit entendre sa voix. On est projeté dans une aventure de la langue.

Par ailleurs, le roman est aussi célèbre pour sa qualité que pour la mystification littéraire qui l’accompagne et qui ne sera découverte que plus tard : Émile Ajar, l’auteur du livre, est en réalité Romain Gary sous un pseudonyme. Ce dédoublement de plume lui permet de gruger toute la critique de l’époque et de glaner un deuxième prix Goncourt (le premier reçu en 1956 pour Les Racines du Ciel), fait unique dans l’Histoire puisqu’on ne peut obtenir cette distinction qu’une fois.

Adapter cette oeuvre reconnue est un exercice d’autant plus difficile qu’elle fut portée sur grand écran dès 1977, dans une version réalisée par Moshé Mizrahi avec Simone Signoret au casting, primée aux Oscars et aux Césars.

les oscars en ligne de mire

Cette nouvelle adaptation garde la trame de l’oeuvre originelle tout en différant en certains points. L’action ne se déroule pas à Paris mais à Bari, principale terre d’accueil italienne de migrants venus d’Afrique et du Proche-Orient. Parmi eux, Momo, jeune adolescent, arrive – cette fois – du Sénégal. Il se noie dans la précarité, vend de la drogue et vole pour se nourrir. Alors qu’il est confié à la garde de Madame Rosa, l’orphelin grandit, réapprend à vivre et découvre en profondeur ce sentiment unique que procure l’amour maternel.

Affiche du film

À l’affiche, pour bien coller à l’intrigue, on retrouve un duo mère/fils avec l’iconique actrice Sophia Loren et le réalisateur Edoardo Ponti qui se retrouvent pour une troisième collaboration. Le jeune talent italien Ibrahima Gueye incarne quant à lui le rôle-titre.

Avec cette production, Netflix tente de se frayer un chemin dans la course aux statuettes dorées, briguant notamment une nomination pour l’Oscar de la meilleure actrice avec sa comédienne star, déjà distinguée en 1962 et récipiendaire d’un Oscar d’Honneur en 1991. Cette dernière ne manque d’ailleurs pas d’enthousiasme dans un communiqué diffusé par la plateforme de streaming : « J’ai adoré jouer Madame Rosa. Elle est dure. Elle est fragile. C’est une survivante. Par bien des aspects, elle me rappelle ma propre mère ».

La Vie devant soi version « italienne », « contemporaine » ou « Netflix », nommez la comme vous voulez, sort demain. L’occasion de découvrir – ou redécouvrir – une histoire qui a tout pour réchauffer nos petits coeurs en cette période de cloisonnement social.