#LaRefAutobiographiqueDuJour : «L’Arabe du futur» de retour pour le tome 5

Il nous quittait dans le tome 4 sur le chemin de l’adolescence, lorsque son père s’enfuyait en Syrie, laissant sa famille en état de choc. Deux ans plus tard, Riad Sattouf nous livre la suite des aventures de L’Arabe du futur.

Après le tome 1, couvrant sa naissance jusqu’à ses 6 ans (1978-1984) ; le no2, dans lequel on suit sa première année d’école en Syrie (1984-1985) ; le no3, celui de sa circoncision (1985-1987) ; puis le no4, où on le découvre tiraillé entre la culture française et syrienne (1987-1992), Riad Sattouf nous raconte son adolescence dans le cinquième volume de sa série dessinée (1992-1994).

Auparavant en Syrie et en Libye, le jeune homme de 14 ans est désormais à Rennes où de nombreux troubles le préoccupent. « Immensément beau » et reconnu durant son enfance, Riad réalise qu’il n’est pas le centre du monde. Entre deux univers, il évolue. Il expérimente les soirées, rencontre ses premiers amours et nous transmet sa confusion au moment de passer d’un milieu prude et radical au pays des libertés, mais surtout de l’enfance à l’âge adulte au sein d’une famille controversée.

Extrait de L’Arabe du futur 5.

Pourquoi ce titre ?

« Cette bande dessinée raconte l’histoire de ma famille, notamment de mon père, syrien issu d’un milieu très pauvre, un milieu paysan, explique Riad Sattouf. Il était le seul de sa famille à être allé à l’école, et grâce à l’école, il est devenu professeur d’histoire et docteur à la Sorbonne. Quand j’étais enfant, je préférais rester jouer dans ma chambre avec mes legos plutôt que d’aller à l’école. Mon père me disait ‘Tu dois aller à l’école, parce que l’arabe du futur va a l’école’. L’opposition pour lui à l’arabe du passé, qui représentait sa famille et qui était illettrée, esclave des superstitions et des traditions ».

Vendu À plus de 2 millions d’exemplaires en France et traduit dans 23 langues différentes, la saga autobiographique connaît un succès considérable à travers le monde. L’histoire de ce jeune arabe – dont la virilité est constamment remise en cause par le père syrien radicaliste et le grand père breton naturiste – se démarque par son humour et son récit épatant.

De retour avec le cinquième volet de L’Arabe du futur, Riad Sattouf se distingue une fois de plus parmi les meilleurs dessinateurs de sa génération. On le retrouve par ailleurs à la une du nouvel album de Reporters sans frontières avec 100 dessins pour la liberté de la presse.

L’Arabe du futur 5 (1992-1994), Riad Sattouf, Allary, 176 pages, 22,90 euros.