#LaRefCorrompueDuJour : José Anigo échappe à la détention

Mis en examen le 4 octobre dernier pour « participation à une  association de malfaiteurs en vue de commettre les crimes d’extorsion et d’homicide en bande organisée », l’ancien joueur, entraîneur, directeur sportif et recruteur de l’Olympique de Marseille ne sera finalement pas placé en détention provisoire. Le magistrat multiplie néanmoins sa caution par 10, s’élevant désormais à 100 000 euros.

José Anigo s’éloigne définitivement du monde du football. L’affaire démarre lorsque les enquêteurs de la police judiciaire (PJ) de Marseille mettent en lumière les relations entre l’ancien de l’OM et un gang de la cité phocéenne, « la Capelette ». Anigo leur aurait promis une somme sur une commission touchée lors du transfert d’Isaac Lihadji, parti à Lille cet été (commission touchée car c’est lui qui recrute le jeune Isaac en 2013). Ce n’est pas tout : un dispositif d’enregistrement, dissimulé dans l’appartement de l’un des leaders de la Capelette, révèle des éléments encore plus inquiétants. Selon la PJ, ces écoutes ont empêché plusieurs projets criminels, dont la vengeance du meurtre du fils de José Anigo, abattu en 2013 dans les rues de Marseille.

Les enregistrements révèlent que le bandit se serait engagé à rendre service à José Anigo, par « un travail » à titre gratuit, au nom de l’amitié entretenue avec son fils. D’autres écoutes permettent de découvrir que l’ancien olympien se serait engagé à verser 100 000 euros à l’homme de la Capelette pour assurer le matériel nécessaire à la vengeance de son fils. Anigo nie en bloc : « Ils ne m’ont jamais parlé de vengeance. Je n’ai jamais abordé ce sujet avec eux, nous n’avons parlé que de football, nous n’avons jamais eu de conversations à propos du banditisme, de voyous et du meurtre de mon fils. J’ai un doute sur leur proximité avec mon fils, Adrien », imité par son avocat Emmanuel Molina, qui assure que son client « conteste fermement avoir participé à quelque infraction que ce soit et entend répondre avec sérénité aux questions des enquêteurs sur des sujets qui sont à la périphérie d’une procédure qui ne le concerne pas directement ».

José Anigo peut respirer après la décision de la justice de ne pas l’incarcérer. Il reste toutefois sous strict contrôle judiciaire. C’est un énième scandale pour l’ancien homme fort de l’OM, qui n’en finit plus de ternir son image. D’autant que le parcours de son club en Ligue des Champions cette année ne lui offre pas de baume au coeur…