#LaRefLinguistiqueDuJour : Alain Rey, père des dictionnaires « Le Robert » est mort

La maison d’édition française des Dictionnaires Le Robert vit un choc en ce mercredi 28 octobre. Son rédacteur en chef, Alain Rey, s’est éteint à l’âge de 92 ans. L’un des emblèmes du monde linguistique et lexical nous quitte.

« Je m’arrête au cercueil. J’ai tendance à travailler de plus en plus, parce que je suis de plus en plus pressé ». Comme il l’avait prédit en 2006, Alain Rey n’aura pas eu de retraite. Le célèbre homme de lettres, figure de son domaine au XXème et XXIème siècle, s’en est allé ce matin. La langue française perd l’un de ses solides piliers, un homme « poussé vers les mots, comme on court sous les jupons de sa mère ».

Les sciences politiques, les lettres, l’histoire de l’art médiéval et la littérature américaine qu’il étudie à la Sorbonne lui offrent un bagage culturel au dessus de la moyenne. Il rencontre Paul Robert à Alger en 1952 en répondant à une petite annonce de ce dernier qui cherche des linguistes pour un dictionnaire. C’est ainsi que la première collaboration entre les deux hommes voit le jour sous le Dictionnaire alphabétique et analogique. Il écrit ensuite plusieurs œuvres importantes parmi lesquelles Le Dictionnaire Historique de la langue française ou Le Petit Robert. Il est nommé Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’ordre national du Mérite et Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres. Il collabore au Trésor de la Langue Française durant 2 ans et est Président de la Commission de terminologie en 1997. On se souviendra également de ses chroniques matinales à France Inter (1993-2006).

Mais la raison pour laquelle il restera dans nos mémoires, c’est son amour viscéral, infini de la langue et des mots, qui se traduit dans ses ouvrages. Alain Rey aime décortiquer les termes – comme il le faisait dans sa chronique -, les comprendre, voir leur évolution dans l’actualité et dans plusieurs environnements. Familier, courant ou soutenu, il a perçu, transmis la richesse du langage à une multitude de générations.

« Il n’a eu de cesse de représenter les enjeux, les richesses, mais aussi les mystères de la langue française. Toute sa vie, il prit plaisir à la raconter » soulignent son épouse et les éditions Le Robert.

C’est un immense homme de la langue française auquel nous faisons nos adieux. Espérons que l’hommage qui lui sera rendu soit à la hauteur de sa grandeur.