#LaRefFloraleDuJour : Kapwani Kiwanga remporte le prix Marcel-Duchamp 2020

L’artiste franco-canadienne est lauréate de la 20ème édition du prix. Son installation, intitulée Flowers for Africa, allie assortiments de végétaux et évènements liés à l’indépendance africaine. Le tout permet de développer une réflexion, à mi-chemin entre art et anthropologie.

Kapwani Kiwanga, née en 1978 dans l’Ontario (Canada), est installée à Paris depuis 2005. Après avoir étudié l’anthropologie à Montréal, elle sort diplômée de l’école des Beaux-Arts. Dans son travail, lié à l’Afrique par ses origines familiales, elle s’intéresse aux sociétés post-coloniales et à la mémoire des évènements historiques dont elle déconstruit les récits traditionnellement établis.

La confirmation d’une artiste

Après avoir glané le prix artistique Sobey, le Frieze Artist Award de New-York et la Bourse ADAGP-Étant donnés, elle se distingue à nouveau en empochant le Marcel-Duchamp et les 35 000 euros de dotation qui l’accompagnent. Créé en 2000 d’un partenariat entre l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français) et le Centre Pompidou, tirant son nom de l’un des pionniers de l’art contemporain, ce prix vise à confirmer la notoriété grandissante d’un artiste français (ou résidant en France) dans le domaine des arts plastiques et visuels. Le caractère novateur de l’œuvre ainsi que son aspect « représentatif » d’une génération sont des critères qui pèsent lourd dans les délibérations du jury.

Kapwani Kiwanga, « Flowers for Africa » / Photo : Bertrand Prévost

Les « fleurs pour l’Afrique » de Kapwani, en lice face aux réalisations d’Alice Anderson, Enrique Ramirez et Hicham Berrada, ont fait forte impression. Le directeur du musée Nationale d’art moderne a notamment félicité « la richesse et la compléxité » de son projet, qui « ouvre un vaste programme poétique et politique, véritable laboratoire de la pensée d’aujourd’hui sur la mémoire et l’archive comme sources de transfiguration du monde ».

Si ce travail – et l’art contemporain en général – ne te transcende pas, pas de panique l’ami. À chacun sa façon de percevoir une œuvre, on ne peut être réceptif à tout. Mais chercher à comprendre le message qui se cache derrière, se mettre dans la peau de l’artiste, voir à travers son regard : tout cela peut se révéler très enrichissant. Si l’expérience te tente, le Centre Pompidou de Paris expose les travaux des finalistes pendant 3 mois !

Ses créations de formes diverses récompensées en 2018.