#LaRefBresomDuJour : Roman Polanski renonce à la cérémonie des Césars

Roman Polanski. Franco-polonais. Mi-cinéaste de génie / mi-démon. Autant de récompenses pour son art que d’accusations d’agressions sexuelles à son égard. Et un personnage source de controverses, c’est le moins que l’on puisse dire.

« Pas touché. Non non, j’ai pas touché »

Poursuivi aux USA, depuis 1977, dans une affaire d’abus sexuel sur mineur, et accusé de viol par de nombreuses femmes, celui qui a fuit la justice américaine se fait rattraper par l’opinion public européen. Les douze nominations aux Césars, obtenues pour son film « J’accuse » – traitant de l’affaire Dreyfus -, suscitent un déferlement de haine, notamment au sein des mouvements féministes qui n’en peuvent plus de voir Polanski être plébiscité. En réaction, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité femmes-hommes, déclare d’ailleurs à RTL que « le cinéma n’a pas terminé sa révolution en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles ». La polémique enfle dans les médias, et l’Académie des Césars, également critiquée pour son entre-soi et son manque de parité, annonce, le 13 février, « un renouvellement complet » au sein de son comité d’organisation. La 45ème cérémonie, présentée par l’humoriste Florence Foresti, laisse présager une atmosphère plus que jamais sous tension.

Le réalisateur des exceptionnels Rosemary’s Baby et Le Pianiste n’entend pas changer sa communication pour autant : il continue de nier les accusations. Dans une déclaration à l’AFP, la veille de la cérémonie, il annonce, « avec regret », qu’il ne se déplacera pas à la salle Pleyel. « Des activistes me menacent déjà de lynchage public », déclare-t-il. Pauvre Popo… On en viendrait presque à le plaindre. Il commence probablement à voir le début de la fin. Celle d’un scénario judiciaire qui traine depuis plus de 40 ans. Une question demeure alors : doit-on faire une distinction entre une oeuvre et son artiste ?

Alors qu’Harvey Weinstein, autre « monstre » d’Hollywood, vient d’être condamné à New-York pour deux agressions sexuelles, Roman Polanski, lui, reste dans l’oeil du cyclone.